Après la RT2012, la RE2020 (Règlementation Environnementale 2020), se donne pour objectif de diminuer l’impact carbone et énergétique du secteur de la construction. Quelles sont les conséquences pour les professionnels du secteur ?

Pourquoi la mise en place de la RE2020 ?

Depuis le 1er janvier 2022, les constructions de logements neufs sont soumises à la norme RE2020.

Alors que le bâtiment représente 25% des émissions nationales de gaz à effet de serre, cette réglementation a pour objectif de faire respecter les engagements pris par le gouvernement lors de sa loi « Énergie climat”, qui vise une neutralité carbone d’ici 2050.

Tandis que le logement collectif est à la peine (le nombre de permis de construire ayant diminué de 15% entre 2019 et 2020), nombreux craignent que cette nouvelle norme soit un coup supplémentaire pour ce secteur déjà très affecté (on pense par exemple aux inquiétudes exprimées par la FPI dans ce communiqué de presse de Novembre 2021.)

En quoi consiste vraiment la RE2020, et quel est son impact pour la promotion immobilière ?

Ce qu'il faut retenir de la RE2020

La RE2020 prend en compte l’impact environnemental du bâtiment, de sa construction à sa démolition, en introduisant les méthodes d’analyse du cycle de vie (ACV) dans ses 6 indicateurs-phares (mis en place ou hérités de la RT2012).

Hérité de la RT2012, le besoin bioclimatique évalue la quantité de chaleur, de froid et d’éclairage nécessaire à une régulation thermique du bâtiment.

La consommation d’énergie primaire totale est elle aussi reprise de la précédente réglementation, mais la nouveauté de la RE2020 réside dans la mesure de la part d’énergie primaire non renouvelable consommée. L’estimation de la consommation d’énergie liée au fonctionnement du bâtiment pendant 50 ans, permet d’évaluer la quantité d’émissions de gaz à effet de serre relatifs à la performance énergétique.

L’ACV des produits et équipements nécessaires au chantier permet de mesurer un impact climat du chantier. Enfin la notion de degré-heure d’inconfort qui additionne les heures où le confort d’été n’est pas maintenu, se concentre davantage sur les usages du bâtiment.

Quelles conséquences pour la promotion immobilière ?

La répercussion de ces exigences environnementales sur les prix des logements sont attendues par tous, même si les avis divergent quant à leur ampleur – 3 à 4% pour le ministère en charge du logement contre 5 à 10% pour la FPI, de la FFB et la FFC. En contrepartie, on s’attend à ce que la baisse de la consommation d’énergie revienne à des économies de long terme pour les ménages propriétaires.

En revanche, ces économies ne bénéficieraient pas aux investisseurs, qui devraient investir dans des programmes plus ambitieux que la RE2020, pour continuer à bénéficier du dispositif « Pinel + » qui devrait évoluer dès 2023.

On peut se poser également la question de l’aptitude des maîtres d’ouvrages à limiter les surcoûts. Selon la capacité d’innovation propre à leur structure ou les économies d’échelles permises par la taille de l’opération cible, cela pourrait rendre les petits programmes plus difficiles à équilibrer.

Enfin, d’un point de vue administratif, la RE2020 impose au maître d’ouvrage de réaliser ou de faire réaliser par le maître d’oeuvre en amont du permis de construire, une étude de faisabilité technique et économique comprenant l’évaluation prévisionnelle du Bbio et des Degré-heures d’inconfort, de l’impact des composants chantiers, ainsi que de l’accès à l’éclairage naturel et le système de ventilation.

Lors de l’achèvement des travaux, un contrôle sur site doit également justifier du respect de la RE2020.

Pour répondre à la technicité exigée par ces nouveaux enjeux, les offres de formation d’organismes publics (ADEME, CSTB) et privés à destination des maîtres d’oeuvre, des maîtres d’ouvrage et des diagnostiqueurs se multiplient.

 

Pour plus d’informations n’hésitez pas à consulter le site officiel de la RE2020.